Décès du nourrisson par atrophie du système nerveux

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A une certaine époque, de nombreux bébés mourraient en pouponnière. Statistiquement le nombre de décès était hors norme. Il faut savoir que le personnel ne devait en aucune façon avoir un contact « skin to skin » de « peau à peau » avec les nouveaux nés pour empêcher toute propagation d’une infection : pas de caresses, pas de bisous…
Des autopsies ont donc étaient pratiquées pour comprendre la cause de ces décès. Les investigations ont démontré que le système nerveux des bébés concernés était peu développé et que par conséquent la survie n’était plus possible, des fonctions n’étaient plus actives. Ceci était dû au manque de contacts physiques nécessaires à la croissance du réseau nerveux.

Pour valider ces souvenirs acquis lors d’un stage, il y a de nombreuses années, nous avons recherché des informations qui pouvaient les corroborer.
Nous avons pris contact avec Madame Marie-France Morel, historienne, présidente de la Société d’Histoire de la Naissance. Nous avons reçu en réponse les nombreuses informations ci-après. Avec nos remerciements !

Paul Cesbron { chef d’une maternité pendant trente ans N.D.R. } m’a transmis votre demande concernant les nourrissons décédés dans les institutions nord-américaines dans les années 1930-40 par suite de l’interdiction des soignants d’avoir des rapports affectueux avec eux. Je n’ai pas connaissance d’un auteur ou d’un livre qui aborde ce sujet. En revanche, il est vrai que les enfants en pouponnière, en France comme aux Etats-Unis, étaient rarement pris dans les bras (même pour le biberon !) et que le personnel n’était pas encouragé à leur parler et encore moins à les embrasser. Seules comptaient l’hygiène, une alimentation saine et la victoire espérée sur la mortalité infantile. Vous pouvez avoir une idée des pratiques qui régnaient dans une pouponnière parisienne avec un film accessible sur internet. En 1973, deux psychologues, Jeanine Lévy et Danielle Rapoport, ont filmé les nourrissons au « dépôt » de l’Assistance Publique et ont sorti en 1977 un film scientifique au titre militant : Enfants en pouponnière demandent assistance (SFRS-Vanves) . * Je vous conseille de regarder ce film. Pour ce qui concerne l’Amérique du nord, je vous ai rassemblé dans le document ci-joint quelques citations qui vous montreront que les parents étaient encouragés par les médecins à ne pas trop manifester d’affection à leurs enfants, afin de ne pas troubler leur développement ! L’influence des doctrines médicales rigoristes a été plus importante en Amérique qu’en Europe pendant les années 1930-40.

BISOUS INTERDITS AU CANADA dans la première moitié du XXe siècle

  • Cynthia R. COMACCHIO Nations are Built of Babies : Saving Ontario’s Mothers and Children, 1900-1940 Montreal, McGill- Queen’s University Press, 1993 – ISBN 9780773509917

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page 118. – Interaction between mother and child in the infant stage of development was limited severly by the schedule (l’empoi du temps de chaque journée est minuté), which allowed for only about one and one-half hours of mother/child activity each day ouside of feeding. The advice literature suggested that an emotional and physical distancing of mother from baby would ensure infant health and well-being. This emphasis on leaving babies alone as much as possible contraposes the very concept of child « nurture » as commonly defined and understood. Parental love was to be expressed exclusively by careful attention to proper childrearing methods and not by effusive displays of affection : « You cannot love your baby too much. But it is possible to be very unwise in just how you show your affection. By your gentleness, the tone of your voice, and the many necessary services you perform for him day in and out, you may express in the very best way the great love you have for him. These are much better than exposing him to the danger of infection by kissing him or allowing others to do so. » Dr Alan Brown suggested that a quick kiss on the forehead or top of the head would minimize the potential damage if the urge fot intimacy became overwhelming. In the first few months of life, an infant wanted « nothing more in the world than to be left alone. » Parents had to remember that the infant was not born « solely for his relatives” pride and amusement. He is beginning a very important career of his own. »
(…) Nervous ailments brought on during infancy and early childhood due to overhandling and misguided displays of affection, the experts contended, were seldom completely overcome, and « many a grown-up neurotic, can trace his trouble to an unquiet babyhood. » (…) While isolating the child meant that parents had to deny themselves « many things you would otherwise enjoy doing », the child’s health and emotional welfare were worth the price. Truly loving parents placed their children healthy development first and proved their love by following doctors” orders.

Ces citations sont extraites de petits manuels (little blue books) distribués gratuitement aux parents par le ministère de la santé du Canada : The Canadian Mother’s Book, How to Take Care of the Baby, etc. Voir aussi deux livres :
  • K. ARNUP, A. LEVESQUE, R.R. PIERSON Delivering Motherhood : Maternal Ideologies and Practices ine the 19th and 20th Centuries – New York 1990ISBN 13 : 9780415020183 particulièrement l’article de K. Arnup, « Educating Mothers ».
  • Katherine ARNUP, Education for Motherhood : Advice for Mothers in Twentieth-Century – Canada, Toronto, University of Toronto Press, 1994ISBN:0802073611


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