La radicalisation violente en Afrique sub-saharienne

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Article de Pierre Michel JOANA

Cet article offre également des clefs de compréhension tant des modes et champs d’actions que des motivations réelles des groupes comme AQMI, Ansar Dine, Al Morabitoun, Boko Aram ou encore Shebabs, et avance diverses pistes d’actions à mener pour contribuer à juguler ce phénomène de radicalisation. Ce texte, ainsi que d’autres publications, peuvent être visionnés sur le site de l’INHESJ.

La radicalisation violente en Afrique sub-saharienne

Cette histoire récente a été marquée par de nombreux coups d’état militaires, plusieurs guerres civiles ou incidents armés souvent liés à des compétitions entre groupes ethniques, entre clans, entre des peuples nomades et des peuples sédentaires ou entre éleveurs et cultivateurs. Après avoir présenté la situation de la radicalisation violente dans cette zone, nous essaierons de comprendre comment agissent les différents mouvements et quelles sont leurs motivations réelles. Face à l’étendue des dégâts, nous envisagerons ensuite comment tenter de régler le problème, sachant que la solution sécuritaire de lutte contre le terrorisme est certes nécessaire, mais très largement insuffisante.

Comment se présente la situation de la radicalisation violente en Afrique Subsaharienne ?

Ils seront évoqués dans cet article pour ne pas faire croire que la violence extrémiste et la radicalisation sont le monopole de l’Islam. Bien que considérablement affaiblis par l’opération française Serval, puis Barkhane, AQMI et les groupes associés , dissidents , puis concurrents continuent d’être actifs au Mali. Ils n’ont pas renoncé à agir en direction de la Mauritanie ou du Niger. Ils ont trouvé dans le Sud libyen, complètement hors de contrôle des autorités, une base sûre pour se replier, s’entraîner et préparer de nouvelles actions.

Au centre, au Nigeria, les activités de Boko Haram, dans les États du nord-est du pays constituent, après celles de Daesh, le phénomène de radicalisation violente causant le plus grand nombre de morts au monde. Il a déjà largement contaminé le Cameroun, où la secte utilise des bases arrière pour conduire ses actions au Nigeria, et mène désormais directement des actions armées dans la région de l’Extrême-Nord camerounais, contre des objectifs camerounais. Il a également atteint le Tchad, car c’est par là que transitent ses principales ressources en armes et en finances, alors que de nombreux sympathisants s’y mettent à l’abri. C’est également une terre de repli pour la centaine de milliers de réfugiés fuyant les exactions de la secte au Nigeria.

Ces réfugiés se trouvent dans la région de Diffa et à l’ouest du lac Tchad, une des plus pauvres d’Afrique. Des actions armées ont déjà opposé des combattants de Boko Haram aux forces de sécurité nigériennes. À l’est, la Somalie, par le biais du mouvement des Shebabs, a contaminé l’Éthiopie, Djibouti, le Kenya, et l’Ouganda.


La radicalisation violente en Afrique sub-saharienne

Parution le 01-11-2017 / Source : Cet article propose un tour d’horizon de la radicalisation violente qui croît en Afrique subsaharienne et sahélienne, attisée par la défaillance des états.



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