Le prix Nobel de la paix 2019 attribué au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed

Publié le


Pierre-Henry DESHAYES| AFP 11 octobre 2019 | * |


Agé de 43 ans et au pouvoir depuis seulement 18 mois, le plus jeune dirigeant d’Afrique fait face à une inquiétante flambée de violences intercommunautaires dans son pays, où des élections législatives sont censées avoir lieu en mai 2020. «C’est une excellente nouvelle pour l’Afrique, pour l’Afrique de l’Est, un endroit où la paix est une marchandise très coûteuse », a réagi M. Abiy. «Je suis sûr que cela nous donnera l’énergie nécessaire pour réaliser la paix dans notre région ». Le dirigeant éthiopien est récompensé pour ses efforts en vue d’arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée voisine, a expliqué la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

Au pouvoir depuis avril 2018, Abiy Ahmed a initié un rapprochement au pas de charge avec l’Érythrée, ancienne province éthiopienne, et œuvré plus généralement pour la paix dans la Corne de l’Afrique. A l’issue d’une rencontre historique le 9 juillet 2018 à Asmara, la capitale érythréenne, il a mis fin avec le président érythréen Issaias Afeworki à 20 ans d’état de guerre.

Après le gynécologue congolais Denis Mukwege distingué conjointement avec la Yazidie Nadia Murad l’an dernier, il est le deuxième Africain consécutif à remporter le Nobel de la paix. La frontière entre les deux pays est à nouveau fermée, la signature d’accords commerciaux se fait attendre et l’Éthiopie, pays enclavé, n’a toujours pas accès aux ports érythréens.

Le chemin à parcourir avant une paix ferme et définitive est encore long, estiment les analystes. Des militants érythréens des droits humains ont critiqué le choix du comité qui rend excessivement honneur, selon eux, au régime d’Issaias Afeworki, l’un des plus répressifs au monde. « Beaucoup doutent de sa capacité à tenir sa promesse d’organiser des élections «libres, justes et «démocratiques » en mai 2020 en raison des violences intercommunautaires qui déchirent le pays et compliquent un recensement, toujours hypothétique. Dans un communiqué, l’ambassade américaine à Addis Abeba a salué «ses efforts extraordinaires pour rétablir les relations avec l’Erythrée » et «l’ouverture de l’espace politique, le renforcement de la liberté de la presse, la libération de prisonniers politiques et son travail pour transformer l’économie éthiopienne ».

proposé par
catégories: ,