Au Mali, des massacres impunis

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Quatre jours plus tôt, les villages dogon de Gangafani et Yoro ont été attaqués, causant la mort d’au moins 38 personnes. Dans la foulée, le Pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme a ouvert une enquête et une dizaine de personnes ont été interpellées, selon le procureur Boubacar Sidiki Samaké. Les autres dossiers sont gérés par le tribunal de grande instance de Mopti.

Plus de 2 700 morts depuis 2016

Après Malémana, les conflits entre groupes armés n’ont cessé de se multiplier dans le centre du Mali. Depuis 2016, l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project a enregistré près de 774 incidents entre milices et civils, entraînant la mort de plus de 2 700 personnes. Sans qu’aucun jugement n’ait été rendu. Selon nos informations, quelques semaines après le massacre d’Ogossagou, l’un des commanditaires de cette attaque aurait été assassiné par un groupe armé peul.

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Information que Boubacar Sidiki Samaké, le procureur du pôle antiterroriste, ne confirme ni n’infirme, rappelant qu’il « ne commente pas un dossier en cours », mais précisant qu’une dizaine de personnes ont été interpellées dans le cadre de ce dossier. « Et ce n’est pas fini », ajoute-t-il. « Il faut que cela devienne une réalité et que cette réalité s’installe à partir d’Ogossagou », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse, en mai. Le dossier de Koulogon, où 39 civils peuls ont été tués le 1 janvier, est instruit par Broulaye Samaké, du TGI de Mopti.

Elles sont gardées dans les camps militaires et leurs numéros de série ne sont pas inscrits sur les procès-verbaux. Broulaye Samaké affirme qu’en plus de trois ans d’exercice, seuls des fusils de chasse lui ont été présentés. Nos magasins ont été pillés.

Il y a un énorme trafic d’armes

Une autre piste est évoquée par plusieurs autres sources, sous couvert d’anonymat. « A chaque fois qu’il y a eu des dérapages, nous avons réprimé. » Selon le procureur Boubacar Sidiki Samaké, un décret en ce sens aurait été récemment adopté. Cela permettrait aux enquêteurs de requalifier l’attaque d’Ogossagou et, le cas échéant, de s’assurer que ses auteurs ne puissent être amnistiés.

Une centaine de personnes interpellées

La montagne a accouché d’une souris. Ils n’ont pas voulu qualifier ses actes de crimes de guerre, contrairement à ce qu’avait demandé le procureur. Malheureusement, l’actualité nous a donné raison. En février, M. Touré a été relâché [avec une quinzaine d’autres djihadistes] en échange de la libération de deux otages maliens, assure un magistrat bien informé.

Depuis le début de l’année, le gouvernement a annoncé avoir interpellé une centaine de personnes en lien avec les tueries du centre du Mali. Comme à Hérémakono, où treize civils peuls ont été tués le 13 mai, sans qu’aucun dossier judiciaire formel n’ait encore été ouvert.

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