Où est la violence dans les relations parents/ enfants ?

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Le bébé est l’ancêtre de nombreuses générations de paix. Un petit enfant qui vient au monde et qui a des parents de paix sera à son tour parent de paix.
– Maria Montessori

Dans son livre Le quotidien avec mon enfant, Jeannette Toulemonde propose de définir la violence à travers le prisme des relations adultes/ enfants.

Violence = besoins bafoués

Nous avons observé la violence physique, émotive et psychique subie par un petit enfant au nom d’une certaine éducation, une éducation qui ne respecte pas tous les besoins essentiels du nouveau-né :

besoin d’être bien physiquement, besoin d’être en sécurité, besoin de liberté, besoin de se connaître, besoin d’être actif, besoin de suivre son rythme.

L’enfant a mal, le monde est violent avec lui quand ses besoins essentiels ne sont pas satisfaits. Ainsi, laisser un bébé pleurer ou priver un enfant de son doudou représente une violence; de même que forcer un enfant à faire quelque chose pour laquelle il n’est pas prêt ou dont il a peur.

Violence = interdire l’émotion

L’enfant qui a peur a peur; l’enfant qui est triste est triste. La non violence à ce moment-là consiste à lui laisser exprimer sa souffrance. Il en va de même pour la joie et l’enthousiasme qui peuvent être débordants.

Une certaine violence de la vie existe (les enfants vivent des frustrations, des incidents, des déceptions, des accidents, des drames…). Dans ces situations, les enfants vont éprouver des émotions et ils ont le droit de les manifester (par des pleurs notamment).

Violence = étiqueter et enfermer

Les étiquettes sont une forme de classification qui limite un enfant dans une catégorie déterminée. Les étiquettes ont un effet limitant et contraignant. Elles forcent les enfants à se définir par ce qu’ils ne sont pas et par ce qui leur manque, au lieu de se connaître pour ce qu’ils sont. Les étiquettes créent une forme de déterminisme et sapent le moral des adultes comme des enfants. Or un enfant qui se comporte “mal” est souvent un enfant découragé : c’est le cercle vicieux.

Ainsi, l’enfant à qui on a toujours dit qu’il se tromperait et qu’il n’y arriverait pas pensera qu’il est nul. Celui qui voudra l’aider devra avoir confiance en lui pour deux car il emploiera une grande force d’inertie à être aidé. – Jeannette Toulemonde

Violence = imposer

Forcer les enfants à faire quelque chose est une violence (comme le fait de forcer à faire un bisou s’ils n’en ont pas envie).

Être violent consiste à faire des gagnants et des perdants, comme le fait d’opposer un refus non négociable en signifiant à l’autre qu’il a tort de penser ce qu’il pense ou de ressentir ce qu’il ressent. Les menaces, chantages et ultimatums (du type “Je compte jusqu’à 3”) sont des manières de s’imposer en bafouant la dignité de l’autre qui n’est pas considéré comme digne d’attention et de pensée propre.

On peut remplacer l’imposition par l’écoute empathique en restant conscient que chaque personne a de bonnes raisons d’agir comme elle le fait.

Se faire violence

La violence, c’est aussi agir contre nos propres besoins et valeurs personnelles.

Pour aimer mes enfants, je veux être un bon parent et répondre à l’image parfaite qu’on m’en a montrée. Si, en cherchant à être un bon parent, je me fais violence, je ne serais pas un bon parent (exemple : je me mettrai en colère soudainement, ou je serai de mauvaise humeur). En prenant de mauvais moyens, on ne peut arriver à un bon but. Violent avec moi-même, je suis forcément violent pour l’autre. – Jeannette Toulemonde Jeannette Toulemonde remarque que la violence dépend également du contexte et de l’histoire personnelle. Elle écrit que si nous n’osons pas constater ce qui nous a fait du mal ou du bien, nous le refoulons (“nous le mettons dans notre poche avec le mouchoir par dessus”). Mais ce que nous avons refoulé risque beaucoup de gonfler et de réapparaître malgré nous.


Source : Le quotidien avec mon enfant


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