Il faut regarder l’Afrique avec des lunettes africaines

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En marge du prochain Sommet UE-UA [novembre 2017] et de la grande conférence sur le partenariat entre l’Europe et l’Afrique organisée par le Parlement européen, Forbes Afrique s’est entretenu à Strasbourg avec son Président, Antonio Tajani. Entamé dans les années 2000 lors du premier Forum Chine – Afrique, le commerce entre les deux continents est passé de 40 milliards de dollars en 2006 à 200 milliards de dollars s’abreuvant principalement des nombreuses ressources naturelles tels que le pétrole, le gaz voire les minerais.

Est-ce que c’est pour cette raison que vous avez récemment déclaré que l’Afrique « risque de devenir une nouvelle colonie chinoise » ?

Elle affiche un déficit commercial important vis-à-vis de l’Empire du milieu, lequel s’est aggravé par la chute des prix des matières premières. Plus d’un sixième de tous les prêts en Afrique proviennent du géant asiatique, lesquels sont souvent octroyés sans condition particulière et sans regarder à la bonne gouvernance, ni à la bonne gestion des comptes du pays receveur. Ces éléments démontrent bien que l’influence politique et économique est là et que l’Europe a été reléguée au second plan.

Laquelle?

D’un côté, vous avez une Afrique où des pays ont décidé d’adopter des politiques qui leur permettront de gagner en valeur ajoutée.

Vous parlez de votre « Plan Marshall » pour l’Afrique ?

Le premier chiffre évoqué crée un effet de levier de 40 milliards, ce qui est nettement insuffisant pour faire face aux défis titanesques du continent africain. L’Afrique devra créer plusieurs millions d’emplois pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. La seule façon de donner de l’espoir à ces jeunes est de créer des emplois sur le continent.

Quelle stratégie comptez-vous mettre en place pour créer l’effet de levier désiré?

Bien que les contextes changent selon les régions et les pays, il existe un potentiel inexploité en Afrique dans des domaines tels que l’agriculture, l’énergie, y compris l’énergie renouvelable, le tourisme, l’économie bleu et, surtout, dans la banque mobile et les technologies car une véritable révolution technologique gagne ce continent. De plus, il faut inciter les entreprises à investir sur le continent, à travers une diplomatie économique européenne, qui apportera le savoir-faire et le transfert des technologies qui permettra l’industrialisation et la diversification des économies africaines, lequel représente un enjeu crucial pour l’avenir africain. Nous devons remettre le partenariat Afrique – UE au centre du débat et de notre agenda, comme nous le ferons ce 22 novembre lors de la conférence organisée par l’institution que je préside à une semaine du Sommet à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

En ayant un sommet UE-UA tous les trois ans ?

Ceux-ci doivent être plus fréquent car l’Afrique et l’Europe possède un destin commun, des liens historiques, religieux et linguistiques forts. Il appartient à nous de mettre à nouveau ces éléments en avant dans un cadre économique gagnant-gagnant.


© Szymon Jagiello | Forbes – le 21 Novembre 2017

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Antonio Tajani, Président du Parlement européen : Il faut regarder l’Afrique avec des lunettes africaines, pas avec des lunettes européennes.

En marge du prochain Sommet UE-UA et de la grande conférence sur le partenariat entre l’Europe et l’Afrique organisée par le Parlement européen, Forbes Afrique s’est entretenu à Strasbourg avec son Président, Antonio Tajani. Dans cette interview exclusive, il dévoile les contours de son txt_quote_double_open plan…


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