Pouvoir, société, culture

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Comprendre le changement

Il s’agit pour Georges Balandier avant tout de faire l’analyse d’une situation, c’est-à-dire d’un certain état de la société indissociable de rapports de forces changeants, qui sont aussi des rapports de sens. Si l’on considère l’instabilité comme l’état normal des collectifs humains, alors il est vain de chercher des armatures pérennes qui en garantiraient l’existence. L’un et l’autre ont toujours navigué entre sociologie et anthropologie, et ils ont aussi l’un et l’autre placé au cœur de leurs analyses l’idée que les luttes sociales sont aussi des luttes de significations, ou mieux, des luttes pour la définition de la réalité sociale.

Une vision inversée du monde

Son hommage dans le numéro des Cahiers d’études africaines, revue d’ethnologie africaniste dont il a été membre, témoigne bien de l’influence de Balandier à la fois dans les sciences humaines et sociales et du caractère pionnier de ses analyses qui ont transgressé les frontières des disciplines.

Ouvrir le dialogue entre « ordre » et « désordre »

Ils ont en effet contesté les approches culturalistes, formalistes et matérialistes qui se développaient après la Seconde Guerre mondiale. Ces approches minoraient l’importance du changement social en se concentrant sur l’analyse du folklore ou des mythes, ou alors, comme les marxistes, prenaient seulement en compte la lutte des classes et les forces productives pour comprendre le changement social. Pour Balandier, il s’agissait alors de se démarquer du structuralisme, du marxisme mais aussi d’une grande partie de l’anthropologie britannique et nord-américaine qui s’intéressaient certes au changement culturel , mais sans le rapporter aux cadres sociaux dans lequel il se produit. Dans ce contexte, Georges Balandier a développé une pensée très originale, fondée sur l’élaboration d’une anthropologie généralisée et comparative, soucieuse de comprendre et de saisir les dynamiques historiques déterminant les formations sociales et culturelles.

Un autre regard sur la parenté

Marginales dans l’œuvre foisonnante de Balandier, les analyses de la parenté permettent pourtant de retracer l’évolution de la définition du pouvoir dans son œuvre.

De la possession au pouvoir

On peut émettre aussi l’hypothèse que l’expérience directe de rites de possession et de divination en Afrique est à l’origine d’une certaine fascination de Balandier pour la religion, au-delà de la seule sociologie des institutions religieuses.


  • Erwan Dianteill a reçu des financements de IUF .
  • Delphine Manetta ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

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Pouvoir, société, culture : pourquoi faut-il relire Georges Balandier

Quand on évoque les grands noms de l’anthropologie, le grand public connaît bien souvent ceux de Claude Lévi-Strauss ou encore Françoise Héritier, récemment disparue. Rares sont celles et ceux qui citeront spontanément Georges Balandier. Cet éminent spécialiste de l’Afrique, décédé le 5 octobre 2016, a pourtant marqué l’histoire de l’anthropologie de son empreinte.


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