Les robots tueurs, la prochaine révolution militaire permise par l’ONU

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Un drone armé n’est pas un robot tueur, a d’emblée précisé, comme pour évacuer le débat, la ministre des Armées, Florence Parly, après avoir annoncé que les drones français allaient être équipés de munitions. Ce sujet suscite, en effet, l’inquiétude. À la fin du mois d’août, les Nations unies recevaient une lettre ouverte de 116 dirigeants d’entreprises de robotique et d’intelligence artificielle visant à les interdire. Par une curieuse coïncidence, l’envoi de cette lettre suivait de quelques jours les attentats de Barcelone.


Le télescopage de ces deux évènements n’est pas sans rappeler l’une des séquences d’une version du film RoboCop, sorti en 2014, dans laquelle le spectateur est confronté à un improbable combat entre des robots tueurs et des kamikazes. Pour Bart Everett, directeur de la division robotique et systèmes avancés du Space and Naval Warfare Systems Command , le robot serait la réponse américaine à l’attentat suicide.

Convergence de deux « techniques »

Un bref rappel historique peut nous permettre de mieux comprendre les possibles interférences entre les deux phénomènes. Dans les années 1930, un ingénieur de la Radio Corporation of America , Vladimir Zworykin, découvre que le Japon envisage de former des escadrons de pilotes pour des missions suicide. Il lui semble que la meilleure réponse serait de créer des avions radio-contrôlés, équipés d’une caméra. En 1942, un mathématicien, Norbert Wiener, découvre que la trajectoire que suit le pilote d’un avion est prévisible, même lorsqu’il essaie de surprendre la DCA en faisant des manœuvres d’évitement.

Norbert Wiener – Wikipédia

Norbert Wiener, aîné des enfants de Leo Wiener , historien et linguiste américain originaire d’une famille juive polonaise et de Bertha Kahn, naquit à Colombia dans le Missouri. Son père, professeur de langues slaves à Harvard, avait été le condisciple de Ludwik Lejzer Zamenhof à Varsovie. Ses parents étaient txt_quote_double_opensocialistes, humanistes et végétarienstxt_quote_double_close.


Quelques années après, alors que les premières opérations suicide ont déjà eu lieu, les Japonais élaborent deux curieux engins.

1945 : perte de confiance dans l’humanité

Il est donc nécessaire de constituer des réseaux mixtes composés de machines et d’humains. Curieusement, l’observation et l’analyse conjointe des kamikazes et des robots tueurs semble corroborer ce propos. Ce phénomène, qui persista lors de la guerre du Vietnam, encouragea les militaires américains à lancer la conception des premiers drones. Tombé dans l’oubli, l’usage systématique des kamikazes est réapparu avec la guerre Iran-Irak, au début des années 1980.

Mécaniser l’humain

Tel un système automatique, le kamikaze devra maintenant subordonner cette constante vitale à la réussite de sa mission. Pour lever ce deuxième obstacle, il ne restera plus qu’à réifier l’ennemi.

Humaniser la machine

Pour accorder ce droit à des robots, il est nécessaire de les parer d’un humanisme supérieur à celui des êtres humains. L’algorithme étant censé être plus rationnel et équitable que les juges qu’il assiste. Robots tueurs et kamikazes semblent poser une même question, celle de notre humanité.


Eric Martel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.
The Conversation France
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Les robots tueurs, la prochaine révolution militaire permise par l’ONU – Les Yeux du Monde

La semaine dernière se tenait la Convention sur les Armes Conventionnelles à Genève. Durant ces 5 jours de discussions, il a notamment été question des Systèmes d’Armes Létales Autonomes (S.A.L.A.). Ces armes munies d’une intelligence artificielle sont conçues pour décider seules de tuer ou non des cibles humaines.