Violences sexuelles : en Corse, des manifestations pour «en finir avec l'omerta»

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Manifestation à Bastia le 21 juin contre les violences conjugales et sexuelles.
Par Virginie Ballet @ liberation— 4 juillet 2020 à 10:56 | Manifestation à Bastia le 21 juin contre les violences conjugales et sexuelles. Photo Cécile Mansier

Manifestation à Bastia le 21 juin contre les violences conjugales et sexuelles. Dans le sillage du mouvement de libération de la parole sur les réseaux sociaux sous le hashtag #IWas, des militantes féministes appellent à un nouveau rassemblement dimanche à Ajaccio pour «éveiller les consciences» sur l’ampleur des violences sexistes et sexuelles. Une manifestation est prévue dimanche à 18 heures, au départ du tribunal judiciaire d’Ajaccio , à l’initiative de plusieurs victimes, soutenues par des associations féministes locales telles que Donne e Surelle ou les colleuses, dénonçant les féminicides.

Sur une île, tout le monde se connaît

Depuis plusieurs mois, ces militantes tapissent les murs de l’île de messages dénonçant les féminicides, les violences sexistes et sexuelles et le patriarcat, comme cela se fait dans plusieurs grandes villes françaises et européennes. Depuis début juin, les colleuses corses assurent avoir reçu plus d’une cinquantaine de témoignages de victimes de violences sexuelles, signe d’une libération de la parole sans précédent sur l’île qui les a «étonnées et submergées». Né aux Etats-Unis début juin, le hashtag a donné lieu à des centaines de témoignages sur Twitter, dans lesquels des victimes, essentiellement de sexe féminin mais pas uniquement, relatent les violences sexuelles vécues en précisant leur âge. Rapidement, une déclinaison locale a vu le jour, sous la forme de #IWasCorsica.

« Je n’en ai jamais parlé, mais j’envisage un jour l’hypnose. J’ai peur d’avoir occulté des choses».

Protégeons nos filles, éduquons nos fils

Le 21 juin, environ 300 personnes ont déjà manifesté dans la rue à Bastia, pour dénoncer les viols et les violences faites aux femmes, scandant «Protégeons nos filles, éduquons nos fils». A l’issue du rassemblement de dimanche à Ajaccio, une délégation d’organisatrices devrait être reçue à la préfecture, pour réclamer une meilleure prise en charge des victimes par la police et la justice, davantage de sensibilisation, notamment en milieu scolaire, et un renforcement de l’aide psychologique apportée aux victimes de violences sexuelles.

  • Chaque année en France, environ 84 000 femmes de 18 à 75 ans et 14 000 hommes sont victimes de viol ou de tentative de viol. J’avais gardé cette série de photos pensant qu’elle n’était pas assez bonne pour être publiée mais maintenant que j’ai reçu tous vos messages je me dis que je n’ai peut être pas un regard très objectif sur mon travail.

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