L’humain : une marchandise au prix du marché

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Schéma de la traite de l'humain
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Esclavage toujours d’actualité

Alors que l’esclavage paraît être un passé douloureux pour beaucoup de pays, ce n’est, dans l’esprit collectif, plus d’actualité dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui. Entre 2013 et 2014 ce nombre de victimes enregistré a atteint les 15.846 individus rien que sur le territoire de l’Union Européenne. Ce phénomène inquiétant, et accru par l’arrivée massive de réfugiés due à la crise en Syrie, pousse à réfléchir plus intensément sur la question du trafic humain non seulement au niveau Sud-Nord mais plus largement au niveau global.

Esclavage générateur de profits

En 2016, près de 20 millions de personnes ont été victimes de trafic d’humains dans le monde générant ainsi un profit de près de 117 milliards d’euros par an.
En Inde une fillette coûte 24 $, un garçon 45 $ alors qu’un buffle atteint les 350 $.
En Grande-Bretagne, pour l’achat d’un enfant, il faut débourser 25.000 $
tandis qu’une jeune fille venant du Québec peut être vendue à près de 6.000 $ à un acheteur canadien de l’Ontario.

Au regard de ces chiffres, il semble que l’Homme soit devenu une marchandise dont le prix fluctue selon les lois du marché les plus primaires.


  • Cet enjeu mène donc à se demander, qu’est-ce que la traite d’humains d’un point de vue juridique ?
  • Quelles sont les caractéristiques et les victimes de ces flux ?
  • Quelles sont les motivations d’un tel système ?

Le trafic et la traite d’humain, une approche juridique

Parmi la diversité et la quantité de terminologies existantes, il est fondamental de différencier d’un point de vue juridique le trafic d’humain et la traite d’individus. Selon l’article 3 du Protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, adoptée le 15 novembre 2000 à New-York et concernant plus de 170 États, la traite d’être humains se définit comme le recrutement, le déplacement, l’hébergement et l’exploitation de personne par la menace ou le recours à la force. L’amplitude ainsi que le caractère inclusif de cet article traduit une volonté de limiter les potentielles exceptions et d’ainsi couvrir un plus grand nombre de crime.

La traite d’humain, un défi pour tous les pays à toutes les échelles

En effet, en 2016, dans la région de l’Asie du Sud, près de 88 % des victimes enregistrées avait été l’objet d’un trafic à l’échelle locale. Interface entre le marché local, régional et international, l’Inde est au fil du temps devenu un acteur fondamental de la traite humaine notamment dans l’exploitation sexuelle visant majoritairement les femmes et les enfants indiens, népalais et bengalis. En 2005, the Indian National Human Right Commission, a estimé que près de 10% des victimes de la traite provenaient soit du Népal ou du Bengladesh alors que 89% des autres victimes étaient indiennes .

L’humain : une marchandise au prix du marché




L’esclavage en France, une réalité méconnue et pas assez combattue.

Les outils juridiques contre la traite des êtres humains existent, mais pas la volonté politique de les mettre en œuvre, regrette la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, dans un rapport récent.

La justice française pointée du doigt

On le comprend, la France pourrait faire beaucoup plus, et mieux, pour lutter contre la traite.
20 magistrats sur 7 000 formés contre la traite des êtres humains.
Pour éviter de nouvelles mises au ban européen, la CNCDH avance une série de 58 recommandations. Elle propose notamment de créer une mission interministérielle autonome sur le sujet, qui soit disjointe de celle officiant aujourd’hui contre les violences faites aux femmes .

L’esclavage en France, une réalité méconnue et pas assez combattue



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