Peur des revenants au Sahel

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La création du G5 Sahel, qui pourrait prendre le relais un jour de l’opération militaire française Barkhane, est une des réponses trouvées à cette menace.

Peur des revenants au Sahel

L’Afrique a toujours du mal à mettre en œuvre des forces de paix indigènes, dans un cadre régional, et encore plus à une échelle continentale, au point de se reposer encore largement sur les missions de l’ONU, ou sur les opérations militaires françaises quand il y a urgence. Il y a pourtant des progrès dans la responsabilisation de certains acteurs africains du maintien de la paix, comme le souligne Hugo Sada dans une note publiée en novembre dernier, dans le cadre de la quatrième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Pleine capacité

Imaginée sur la lancée des engagements militaires tchadiens au nord-est du Nigeria et au nord du Mali, l’opération conjointe des cinq États sahéliens a pris forme cette année après plusieurs réunions de haut niveau, puis la création d’un état-major intégré installé à Sévaré, au Mali, et enfin le lancement fin octobre d’ une première opération baptisée Hawbi , dans la zone des trois frontières. La force G5 Sahel devrait atteindre en principe sa pleine capacité opérationnelle à partir de mars prochain. A terme, elle pourrait comprendre jusqu´à 5.000 hommes.

Génération difficile

S’y ajoutent 60 millions de dollars attribués par le gouvernement américain aux pays-membres du G5, sous forme bilatérale. Le reliquat devrait être trouvé en écho à la réunion de soutien au G5 organisée ce 13 décembre à la Celle Saint-Cloud, près de Paris . A cette occasion, le gouvernement saoudien, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a confirmé vouloir appuyer le G5 Sahel à hauteur d’une centaine de millions de dollars.

À flux tendus

Le G5 Sahel a d’ailleurs été créé en décalque africain de la force Barkhane, actuellement déployée à l’échelle de ces cinq pays.
Lequel des États de la région est capable de fixer des lignes rouges à ne pas dépasser à ses partenaires américains et européens dans le déploiement de leurs actions offensives ?, poursuit Gilles Yabi, qui s’inquiète des dommages collatéraux créés au sein de la population par les tirs plus ou moins ajustés de ces robots-tueurs, drones armés de missiles, qui deviendraient autant d’arguments en faveur de la propagande et du recrutement des groupes djihadistes du Sahel.


Philippe Leymarie
Ancien journaliste à RFI, Jeune Afrique, puis conseiller politique à l’Agence de la francophonie, aujourd’hui conseiller à la Compagnie européenne d’intelligence stratégique .

Peur des revenants au Sahel

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